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§ 12 · Culture documentation

1955 — le rapprochement Panhard-Citroën vu par la presse de l'époque

Citroën Traction Avant · 1934–1957 · 3 min de lecture · extraite le 11 sept. 2026

Suite chronologique de Panhard & Levassor vs Citroën — deux philosophies industrielles avant 1940 (comparaison industrielle des deux marques avant 1940) : quinze ans plus tard, les deux « champions de la traction avant » se rapprochent. Pertinent aussi pour le corpus panhard-dynamic/, où il complète le contexte d'après-guerre déjà esquissé dans La Panhard Dynamic — genèse, technique, style et échec commercial. Voir la suite, plus sombre, de cette histoire dans 1955-1967 — de la prise de participation à l'arrêt des automobiles Panhard.

Chronologie

  • Avril 1955 : l'hebdomadaire Action Automobile (A.A.T.) annonce les premiers accords passés entre Panhard et Citroën.
  • Juillet 1956 : annonce publique de la fusion des réseaux commerciaux Citroën et Panhard, effective à partir du 1er octobre 1956.

⭐ L'article de Jacques Ickx : « On y croyait »

Charly Rampal reproduit un article du journaliste Jacques Ickx (figure reconnue de la presse automobile belge, père du pilote Jacky Ickx) publié dans Action Automobile d'avril 1955, au ton délibérément optimiste et humaniste. Ickx y insiste sur une distinction importante : il s'agit d'accords, pas d'une fusion (« qui n'est souvent qu'une absorption »). Il rappelle que Panhard, doyenne des marques automobiles, remonte à la Société des Machines à Bois Panhard et Perrin, et que la gamme Dyna représente alors soixante-cinq ans d'histoire automobile Panhard. Selon Ickx, Citroën « épaule » Panhard de sa puissance financière sans porter atteinte à son indépendance — un jugement que l'histoire donnera largement tort (voir 1955-1967 — de la prise de participation à l'arrêt des automobiles Panhard pour la suite).

Conséquence concrète immédiate de l'accord : une usine proche du Quai de Javel (siège Citroën) doit être convertie, en quelques semaines seulement, à la production de fourgonnettes 2 CV — augmentant d'un coup la production du modèle Citroën le plus demandé et le plus attendu en France de l'époque. En retour, l'apport de capitaux et de travail doit permettre à Panhard de développer sa propre production et de participer plus activement à la vie sportive.

L'allocution de H.T. Pigozzi (Simca) : le contexte de concentration industrielle

En encart, Rampal reproduit un extrait de l'allocution prononcée par H.T. Pigozzi, patron de Simca, devant les H.E.C., qui vient conforter cette logique de concentration :

  • La première automobile à moteur à explosion est née 65 ans plus tôt (~1890).
  • Une cinquantaine d'années avant 1955 (donc vers 1905), la France comptait près de 450 constructeurs automobiles parmi les 760 ayant, depuis l'origine, présenté un véhicule sous leur propre marque.
  • De concentrations en fermetures, il n'en subsistait plus que 38 en 1939, puis 21 en 1953.
  • En 1954, la production française — plus de 600 000 véhicules — était réalisée à 95 % par seulement quatre constructeurs.

Ce chiffre éclaire directement pourquoi une marque comme Panhard, trop petite pour rester totalement indépendante, cherchait un accord industriel plutôt qu'un isolement à terme intenable.

La suite immédiate : la Dyna s'améliore, pas de signe d'abandon (1955)

Un numéro suivant d'Action Automobile, sous le titre « Épaulé par Citroën, Panhard va toujours de l'avant et la Dyna s'améliore encore… », rapporte que Paul Panhard dément lui-même les rumeurs d'arrêt de production : d'importantes améliorations de suspension sont apportées à la Dyna 54/55 (traverse avant redessinée, allégée et rendue plus rigide ; suspension moteur déplacée sur blocs caoutchouc à l'avant, sur les tubulures d'échappement) et la cadence de production augmente, les exportations étant en hausse constante. Ces détails techniques concernent la gamme d'après-guerre (Dyna), hors du périmètre panhard-dynamic/ de ce corpus, et ne sont mentionnés ici que comme preuve contemporaine que l'accord de 1955 ne s'annonçait, sur le moment, pas comme un désengagement.

Note personnelle de l'auteur

Rampal situe son propre intérêt pour Panhard à cette période : âgé de 10 ans en 1955, initié à la marque par son père (acheteur d'une Dyna X en 1953) et par sa découverte du sport automobile Panhard via le pilote Elie Bayol, dont il visitait le garage de Saint-Barnabé à Marseille.

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
panhard-racing-team.fr
Auteur du site
Charly Rampal (Panhard Racing Team)
Date d'extraction
11 sept. 2026
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