Mini Jem — du prototype DART aux trois générations d'un kit-car populaire (1962–1976)
Issue du même projet originel que la Mini Marcos (voir Mini Marcos et Mini Jem — les dérivées sportives en kit et le pari des 24 Heures du Mans 1966), la Mini Jem a connu une carrière commerciale bien plus longue et mouvementée, portée par trois entreprises successives sur quatorze ans.
De la scission du DART à la Jem Mk1
Après la séparation, en 1965, entre Desmond « Dizzy » Addicott et Jem Marsh (ce dernier partant fonder Marcos Cars avec Frank Costin), Addicott cède l'intégralité de son projet DART à Jeremy Delmar-Morgan, son collaborateur depuis le début de l'aventure. Un moule vaguement inspiré du DART est réalisé, baptisé « Jem » d'après le prénom de son repreneur. Les trois premières Jem Mk1 sont construites en juillet 1967 ; des essais en soufflerie aéronautique permettent d'apporter des ajustements garantissant une stabilité jusqu'à plus de 270 km/h. Présentée au Racing Car Show de janvier 1967 — la source situe cette présentation en janvier tout en datant la construction des trois premiers exemplaires de juillet de la même année, chronologie à prendre avec la prudence habituelle pour une source unique —, la Mini Jem se distingue en compétition dès ses débuts : engagée par Delmar-Morgan lui-même aux 500 km du Nürburgring, elle y surclasse, grâce à un excellent rapport poids/puissance, des voitures coûtant plusieurs fois son prix. Ce joli palmarès est cependant terni par le manque de finition de nombreux exemplaires montés par leurs propriétaires eux-mêmes, qui nuit un temps à l'image de la marque.
Trois propriétaires, trois générations
Delmar-Morgan cède son activité en 1967 à Robin Statham, qui produit désormais les carrosseries avec l'aide de Dan Pearce au sein de Jem Cars (Fellpoint Ltd., Penn, Buckinghamshire) et professionnalise l'offre vers la vente de kits complets. La Jem Mk2 est présentée au Racing Car Show de janvier 1969, avec une mise en production démarrant deux mois plus tard ; à l'été de cette même année, environ 200 Jem ont déjà été construites, au rythme de six véhicules par mois. En juillet 1971, Fellpoint Ltd. est mis en liquidation à la suite de l'échec commercial d'un projet dérivé, la Futura.
Les moules sont alors rachetés par High Performance Mouldings, à Cricklade (Wiltshire), qui relance la production ; l'entreprise déménage vers le milieu de l'année 1972 à Wombwell, dans le Yorkshire, et y lance la Jem Mk3, reconnaissable à l'ouverture d'un véritable coffre à l'arrière. La production s'arrête en décembre 1973 ; les moules sont revendus en janvier 1974 à Malcolm Fell, à Barrow-in-Furness (Lancashire), avant un arrêt définitif en 1976, précipité par l'effondrement du marché britannique des kit-cars consécutif à un changement de réglementation défavorisant les véhicules livrés en kit au profit des voitures complètes.
Un kit accessible
L'attrait principal de la Mini Jem tenait à la simplicité de son montage : elle acceptait sans modification tous les organes mécaniques d'une Mini de série, du 850 cm³ au 1275 S, pour un temps de montage estimé à une cinquantaine d'heures sans qualification particulière. Le kit de base (carrosserie, vitrage et accessoires) se vendait 219 £, contre 350 £ pour un exemplaire déjà monté en 1966. Au total, les trois entreprises successives auront produit environ 258 Mini Jem, dont 218 livrées en kit et 40 entièrement montées.
Voir aussi
- Site source
- datch.fr
- Auteur du site
- Datch.fr
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
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