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§ 01 · Histoire et modèles

Mini Traveller et Countryman — le break « woody » (1960–1969)

Austin Austin/Morris Mini (Mini classique, 1959–2000) · 4 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Dès 1960, la Mini n'est plus seulement une berline deux portes : le Morris Mini Traveller et l'Austin Mini Countryman, jumeaux techniques badgés selon les deux réseaux commerciaux de BMC, déclinent la mécanique en petit break à hayon double battant façon « portes de grange ». Construits sur un empattement allongé à 2 138 mm (contre 2 036 mm pour la berline), ils offrent un volume de chargement bien plus généreux dans un gabarit qui reste, à peine, supérieur à trois mètres.

Le décor de bois, signature visuelle mais non structurelle

La signature de ces breaks est un habillage décoratif en frêne véritable appliqué sur la carrosserie arrière, dans l'esprit des « shooting-brakes » d'avant-guerre — un clin d'œil délibéré à la plus grande Morris Minor Traveller, qui vaut à ces petites Mini leur surnom de « woody ». Contrairement à une idée reçue encore répandue chez les amateurs, ce n'est pas ce cadre en bois qui distingue le Traveller du Countryman (les deux badges existent aussi bien avec que sans bois) : dès avril 1961 pour l'export, puis octobre 1962 pour le marché britannique, une version tout acier sans habillage de frêne est proposée à un tarif inférieur. Le bois reste décoratif, et non structurel, mais il demande un entretien régulier (ponçage et vernissage périodiques) pour ne pas se dégrader ; sur les exemplaires d'origine, la présence d'un cadre en bon état d'origine constitue aujourd'hui un facteur de valorisation important. Selon datch.fr, Issigonis se serait lui-même vivement opposé à l'ajout de ce décor de bois, jugé en contradiction avec l'esprit dépouillé de la Mini : le procédé n'avait de justification structurelle que sur la Morris Minor Traveller, dont le cadre en bois participait réellement à la caisse, alors qu'il n'est ici que collé en surface — mais le service marketing de BMC, soucieux d'affirmer le positionnement « upmarket » de ce break à vocation à la fois familiale et utilitaire, obtient gain de cause. Lancés en septembre 1960, l'Austin Se7en Countryman et le Morris Mini Traveller sont proposés à 623 £, contre 497 £ pour la berline et 360 £ pour le Van (voir Mini Van et Pick-up — les Mini utilitaires (1960–1983)) — un différentiel qui illustre bien le repositionnement tarifaire voulu par le marketing. Le tout premier exemplaire produit de chaque lignée porte les numéros de châssis AAW7 19126 (Austin) et MAW4 19101 (Morris).

Sur les tout premiers exemplaires, le réservoir de carburant est logé à l'intérieur de la zone de chargement, côté gauche (trappe visible juste sous la lunette arrière) ; à partir d'octobre 1961, il est déplacé sous la caisse, avec une trappe repositionnée en bas à droite — configuration identique à celle déjà adoptée sur le Mini Van (voir Mini Van et Pick-up — les Mini utilitaires (1960–1983)). Certains exemplaires disposaient également de sièges avant et arrière rabattables à plat, formant une couchette improvisée.

Mk1, Mk2 et fin de carrière

La Mk1 (1960–1967) conserve le moteur 848 cm³ et les détails de finition des débuts de gamme ; la Mk2, lancée en octobre 1967 en même temps que le reste de la gamme, apporte la calandre agrandie, une lunette arrière plus grande et l'option du moteur 998 cm³, plus coulant en usage courant. La production s'arrête en 1969, quand le Clubman Estate à nez carré reprend le rôle du break dans la gamme (voir Mini Clubman et 1275GT — le nez carré des années 1970), sans reprendre le décor de bois. Au total, environ 108 000 Austin Mini Countryman et 99 000 Morris Mini Traveller ont été construits (chiffres confirmés de façon quasi exacte par la décomposition Mk1/Mk2 de datch.fr : 85 500 + 22 500 = 108 000 côté Austin, 75 500 + 23 500 = 99 000 côté Morris) — — auxquels s'ajoutent des exemplaires assemblés en Afrique du Sud, chez Innocenti en Italie (sous le nom Mini T, voir Innocenti — la Mini à l'italienne, de Lambrate à De Tomaso et Fiat) et au Portugal.

Une rareté aujourd'hui recherchée

Utilisés durablement comme voitures de travail plutôt que conservés comme pièces de collection, les Traveller et Countryman affichent un taux de survie nettement inférieur à ce que suggèrent leurs volumes de production — d'où une cote aujourd'hui robuste (médiane autour de 10 800 £ sur le marché britannique des enchères, avec une fourchette usuelle de 5 800 à 15 200 £), tirée vers le haut par les rares exemplaires à cadre de bois d'origine en bon état, nettement plus valorisés que les versions tout acier. Mécaniquement, ils ne posent pas de problème particulier au-delà des points de rouille classiques de toute Mini (planchers, bas de caisse, berceaux) ; le point de vigilance spécifique porte sur la corrosion cachée de la tôle sous le cadre de bois, où l'humidité peut stagner sans se voir de l'extérieur.

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Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org
Date d'extraction
12 sept. 2026
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