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§ 01 · Histoire et modèles

Alex Moulton (1920–2012), l'inventeur de la suspension de la Mini

Austin Austin/Morris Mini (Mini classique, 1959–2000) · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

La suspension de la Mini, souvent moquée pour sa fermeté, est l'œuvre d'un seul homme : Alex Moulton, ami et ancien collègue d'Alec Issigonis à l'époque où les deux hommes travaillaient ensemble chez Alvis sur le dessin d'un moteur V8. Né en 1920 dans une famille ayant fait fortune dans l'industrie du caoutchouc, Moulton sort ingénieur diplômé du King's College de Cambridge et passe la Seconde Guerre mondiale au département de recherche moteurs de la Bristol Aeroplane Company.

De l'entreprise familiale à Moulton Developments

Après la guerre, il rejoint l'entreprise familiale, y crée un département de recherche spécialisé dans les suspensions en caoutchouc pour l'automobile, puis, après la vente de l'entreprise à Avon Rubber Company en 1956, fonde sa propre structure, Moulton Developments Ltd, pour poursuivre seul ce travail. C'est dans ce même atelier qu'il lance à partir de 1958, en parallèle de ses recherches automobiles, la mise au point de la bicyclette à petites roues qui portera son nom et le rendra, selon ses propres mots rapportés par ses biographes, plus célèbre encore que son travail sur la Mini.

Les cônes de caoutchouc, solution de secours devenue signature

Alec Issigonis, qui disposait d'une totale liberté pour faire travailler des collaborateurs extérieurs à BMC, confie à son ami la suspension de la future Mini. L'idée initiale des deux hommes est un système hydraulique interconnecté avant-arrière, sur le principe qu'ils avaient étudié ensemble chez Alvis en observant la suspension mécanique de la Citroën 2 CV : faire en sorte que le franchissement d'un obstacle par une roue relève légèrement la caisse au niveau de l'autre essieu du même côté, supprimant ainsi le tangage. Mais ce système, trop complexe à finaliser dans les délais très courts imposés par Leonard Lord (voir Leonard Lord (1896–1967), le patron qui a commandé la Mini), ne peut être prêt pour le lancement de 1959.

Moulton propose alors, en solution intérimaire, des cônes de caoutchouc « secs » : un cône métallique solidaire du bras porteur de roue vient déformer progressivement un bloc d'élastomère, dont la résistance croît avec l'enfoncement. Ce principe répond parfaitement à la contrainte propre à une voiture de 600 kg à vide, dont le poids varie de 30 % dès l'ajout de trois passagers : compact, silencieux, léger et économique à produire, il équipe la Mini dès son lancement — voir le détail technique dans Suspension — cônes de caoutchouc et Hydrolastic, les deux vies de la Mini.

L'Hydrolastic, puis le retour aux cônes

Le système interconnecté à liquide initialement prévu, mis au point entretemps sous le nom de suspension Hydrolastic, équipe d'abord la Morris/Austin 1100 dès son lancement en 1962 — voir le détail technique complet de ce système, ainsi que l'ensemble de la gamme qu'il équipe (Austin, Morris, MG, Riley Kestrel, Wolseley, Vanden Plas Princess), dans le dossier dédié La suspension Hydrolastic — le système hydro-pneumatique interconnecté propre à cette génération BMC du corpus bmc-1100-1300/ — avant d'être monté sur la Mini à partir de 1964. Une curiosité fiscale accompagne son adoption : le liquide hydraulique, composé d'eau et de glycol, doit être rendu délibérément imbuvable par le fisc britannique pour échapper à la taxation applicable aux boissons alcoolisées. La suspension Hydrolastic améliore sensiblement le confort — au prix d'un léger plongeon/cabrage au freinage et à l'accélération, relevé dès 1965 par l'essayeur français José Rosinski dans Sport Auto — mais alourdit la voiture et son coût de production. En 1971, dans le cadre d'un programme de réduction des coûts voulu par Lord Stokes, BMC revient aux cônes de caoutchouc d'origine, qui équiperont la Mini jusqu'à la fin de sa carrière en 2000.

Moulton continue par la suite d'affiner ses cônes de caoutchouc (notamment en les rendant moins durs) et sa société perçoit des royalties sur l'ensemble de la carrière de la Mini. Des versions révisées de sa suspension Hydrolastic équiperont plus tard l'Austin Metro ainsi que la MGF ; sa dernière contribution directe à la Mini consiste à adapter la suspension pour l'adoption de roues de 13 pouces en fin de carrière.

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Provenance de cette fiche
Site source
datch.fr
Auteur du site
Datch.fr
Date d'extraction
12 sept. 2026
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